تقرير منظمة العفو الدولية لعام  2013
حالة حقوق الإنسان في العالم

20 أغسطس 2013

Les autorités syriennes déterminées à faire taire les militants en usant d’accusations fallacieuses de « terrorisme »

Les autorités syriennes déterminées à faire taire les militants en usant d’accusations fallacieuses de « terrorisme »
Des militants du Centre syrien pour les médias et la liberté d’expression doivent être présentés devant le tribunal antiterroriste de Damas.

Des militants du Centre syrien pour les médias et la liberté d’expression doivent être présentés devant le tribunal antiterroriste de Damas.

© DR


Le gouvernement syrien ne doit pas invoquer sa loi relative au terrorisme, dont la portée est trop large, pour punir des militants des droits humains pacifiques d’avoir mené à bien leurs activités légitimes. Il doit abandonner toutes les charges retenues contre eux, et relâcher immédiatement et sans condition Mazen Darwish, Hussein Gharir et Hani al Zitani.
Source: 
Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International

Le procès de cinq militants pacifiques pour « terrorisme » qui doit s’ouvrir mercredi 21 août en Syrie témoigne une fois encore de la répression croissante et systématique exercée contre toute personne qui dénonce des violations des droits humains, a déclaré Amnesty International.

Mazen Darwish, Hussein Gharir, Hani al Zitani, Mansour al Omari et Abd al Rahman Hamada, membres du Centre syrien pour les médias et la liberté d’expression (SCM), doivent être présentés devant le tribunal antiterroriste de Damas mercredi 21 août.

« Le gouvernement syrien ne doit pas invoquer sa loi relative au terrorisme, dont la portée est trop large, pour punir des militants des droits humains pacifiques d’avoir mené à bien leurs activités légitimes. Il doit abandonner toutes les charges retenues contre eux, et relâcher immédiatement et sans condition Mazen Darwish, Hussein Gharir et Hani al Zitani », a indiqué Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

Mazen Darwish, Hussein Gharir et Hani al Zitani sont maintenus en détention, alors que Mansour al Omari et Abd al Rahman Hamada ont bénéficié d’une libération conditionnelle en février de cette année, mais sont toujours en instance de jugement.

Lors du procès, le juge décidera de confirmer ou non les chefs d’inculpation retenus contre ces hommes par les services de renseignement de l’armée de l’air syrienne et de poursuivre ou non la procédure.

Les cinq hommes ont été inculpés en février de cette année de « diffusion d’informations sur des actes terroristes » aux termes de l’article 8 de la Loi antiterroriste, promulguée par le président Bachar el Assad en 2012. Ce texte a fait l’objet de nombreuses critiques de la part de groupes de défense des droits humains en raison de la définition bien trop large de la notion de « terrorisme » qu’il contient.

L’acte d’inculpation émis à leur encontre mentionne plusieurs activités dont la publication d’études sur la situation des droits humains en Syrie et le recensement des noms des personnes détenues, disparues ou tuées lors des troubles dans le pays.

Tous encourent une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 15 ans s’ils sont reconnus coupables.

Arrêtés par les services de renseignement de l’armée de l’air syrienne il y a plus d’un an et demi, les militants ont été détenus dans des conditions s’apparentant à une disparition forcée pendant plusieurs mois.

Amnesty International a appris que Hani al Zitani, Mansour al Omari et Abd al Rahman Hamada avaient été frappés à coups de fouet, de bâton et de matraque électrique au moment où ils prenaient leurs repas, tous les jours pendant trois mois, lorsqu’ils étaient aux mains de l’armée.

D’après les informations dont dispose Amnesty International, Mazen Darwish et Hussein Gharir ont eux aussi été torturés ou ont subi d’autres mauvais traitements.

« Les charges retenues contre ces militants bafouent de toute évidence le droit à la liberté d’expression. Nous sommes également extrêmement inquiets quant à leur bien-être physique et psychologique, étant donné le traitement qui leur a semble-t-il été infligé en détention et la durée de leur détention arbitraire », a indiqué Hassiba Hadj Sahraoui.

D’après des informations reçues par Amnesty International, des militants et des militantes pacifiques, notamment politiques, sont jugés devant le tribunal antiterroriste, qui aurait été mis en place pour s’en prendre aux membres de l’opposition dans le pays.

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