تقرير منظمة العفو الدولية لعام  2013
حالة حقوق الإنسان في العالم

28 أكتوبر 2011

Des victimes de violences policières en République dominicaine s'expriment

Des victimes de violences policières en République dominicaine s'expriment

 

 

 


Par Chiara Liguori, avec l'équipe d'Amnesty International en République dominicaine


L'abdomen et la jambe droite d'Eduardo portent les marques de graves brûlures. Il a également perdu une partie de son audition dans l'oreille gauche et souffre de maux de tête insupportables depuis que son crane a été fracturé.

Bruveiker (« Bruvi ») éprouve d'immenses difficultés à marcher après avoir reçu une balle dans le bas du dos, qui lui a par ailleurs percé l'intestin et le pénis.


Les statistiques officielles montrent que les violences policières sont monnaie courante en République dominicaine. © Amnesty International

Pedro n'entend plus de l'oreille gauche et son sens de l'équilibre est altéré.

Humberto a quatre broches dans la jambe gauche, posées à la suite d'une fracture du fémur.

Ces quatre hommes ont une chose en commun : ils ont tous été brutalisés par la police dominicaine.

Et ils ne sont pas les seuls.

D'après les chiffres officiels, entre janvier et juillet de cette année, 154 personnes ont été tuées par la police en République dominicaine – contre 125 pour la même période en 2010.

J'ai rencontré ces hommes dans le cadre d'une mission d'Amnesty International en République dominicaine, à l'occasion de la publication d'un rapport dénonçant le nombre alarmant de cas de violences policières dans le pays.

Le 2 octobre 2011, dans la ville de Bahiahibe (est du pays), un policier a frappé Eduardo Concepción Portorreal derrière l'oreille gauche avec un pistolet lorsque celui-ci a contesté l'arrestation d'un ami.

Eduardo s'est évanoui. Lorsqu'il est revenu à lui plusieurs heures plus tard, il a constaté qu'il était couvert de brûlures. Des témoins ont déclaré qu'alors qu'Eduardo était sans connaissance, le policier l'a blessé au moyen d'une pièce brûlante provenant du moteur de son véhicule. Le policier a plus tard été arrêté pour ces sévices.

Le 7 octobre 2011, un policier a fait feu sur Bruveiker Baldes Reinoso dans la cour de la tante de celui-ci, à Higuey, une ville se trouvant également dans l'est du pays. Il se cachait sur place pour échapper aux balles de la police après avoir résisté à une tentative d'arrestation. Le policier lui a tiré dans le dos bien qu'il ait mis les mains en l'air et l'ait supplié de l'épargner.

Le 13 octobre 2011 à San Cristóbal, dans le sud, un policier a frappé Pedro Arias Roja à la tête alors qu'il l'arrêtait pour suspicion de vol d'arme à feu. Au poste de police, plusieurs policiers lui ont mis un sac en plastique sur la tête et ont continué à le rouer de coups.

Humberto Cabrera était à son domicile de La Romana (est du pays) lorsque quatre policiers en civil des services des stupéfiants sont venus l'appréhender le 17 septembre 2011. Lorsqu'il a objecté à son arrestation, un policier lui a tiré dans la jambe. Les policiers l'ont traîné dehors et l'un deux a sauté sur sa jambe blessée.

La vie de ces hommes est marquée à jamais par ces violences et leurs souffrances sont difficilement imaginables.

Aucun ne sait s'il sera un jour capable de se remettre totalement de ses blessures. Ils sont tous actuellement dans l'incapacité de travailler et n'ont pas les moyens de payer les énormes sommes correspondant aux soins dont ils ont besoin. Ils n'ont reçu aucune indemnisation pour ce qui leur a été fait.

Aucun des responsables des violations dont ces hommes ont été victimes n'a été inquiété par la justice.

Les souffrances infligées par la police nationale à ces hommes sont visibles et tangibles.

Nos recherches ont mis en évidence que la police nationale dominicaine se rend coupable d'homicides illégaux, de détentions arbitraires, d'actes de torture et d'autres formes de mauvais traitements sur des détenus.

Les autorités dominicaines sont cependant dans le déni. La veille de notre rencontre avec les victimes, des hauts gradés de la police nationale nous ont dit que la torture n'existe pas en République dominicaine et que toute violation fait immédiatement l'objet d'une enquête. Beaucoup affirment que l'augmentation de la délinquance et de la violence justifie une approche radicale du maintien de l'ordre.

C'est au nom d'Eduardo, de Bruvi, de Pedro et d'Humberto – ainsi que des nombreuses autres victimes de violences policières – que nous continuons à mener ce travail. Peut-être que la police et les autres institutions de l'État ne veulent pas écouter ce qu'ils ont à dire, mais nous nous ferons l'écho de leur histoire.

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للمزيد من المعلومات

Amnesty International exhorte la République dominicaine à lutter contre le nombre alarmant de violations commises par la police (communiqué de presse, 25 octobre 2011)
‘Shut up if you don't want to be killed!': Human rights violations by police in the Dominican Republic (rapport, 25 octobre 2011)

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