Sabrina a commencé l'école en 1998, à l'âge de six ans. Elle n'était pas traitée comme les autres enfants de sa classe. L'institutrice ne la faisait jamais participer aux activités et ne lui posait jamais de questions. Elle s'asseyait dans un coin pendant que les autres enfants effectuaient leur travail scolaire. Sa mère a alors été informée que Sabrina devrait rejoindre une école spécialisée dans l'accueil des enfants présentant des « handicaps mentaux légers ». Elle n'a pourtant jamais subi de tests destinés à repérer des difficultés d'apprentissage.
Sabrina fait partie des milliers d'enfants roms de la République tchèque qui ont été placés dans des écoles spécialisées. En novembre 2007, la Cour européenne des droits de l'homme a estimé que ce placement discriminatoire dans des écoles spécialisées violait le droit à l'éducation des enfants roms. Cependant, trois ans après, la discrimination se poursuit malgré l'obligation qui incombe à la République tchèque d'appliquer ce jugement et de permettre l'égalité d'accès à un enseignement de qualité dans des établissements classiques pour les enfants roms comme pour les élèves issus de la population majoritaire et des autres minorités du pays.
Les écoles spécialisées ont été rebaptisées écoles « pratiques », mais peu de choses ont changé. Les enfants roms sont toujours surreprésentés dans ces établissements – dans certains, ils constituent plus de 80 % des effectifs.
Souvent défavorisés socialement, les enfants roms ont besoin d'une attention et d'un soutien particuliers que les écoles élémentaires classiques sont fréquemment peu désireuses ou incapables de leur apporter. Écarter ces enfants du système éducatif classique semble être une solution plus simple. Beaucoup se retrouvent dans des écoles réservées aux Roms, où le niveau est bien plus faible que dans les autres établissements. Ceux qui sont scolarisés aux côtés d'enfants non roms sont souvent placés dans des classes séparées ou subissent des discriminations. Leurs droits sont en permanence bafoués.
Photo : une fillette rom résout un problème de mathématiques au tableau dans une classe de troisième année d'une école élémentaire destinée aux élèves présentant des « handicaps mentaux légers » à Ostrava, en République tchèque. © Amnesty International
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