تقرير منظمة العفو الدولية لعام  2013
حالة حقوق الإنسان في العالم

18 فبراير 2010

Il faut mettre fin à l'intimidation des partis d'opposition rwandais

Il faut mettre fin à l'intimidation des partis d'opposition rwandais
Amnesty International condamne fermement l'attaque préoccupante visant un groupe de l'opposition rwandaise, alors que le pays se prépare pour l'élection présidentielle d'août 2010.

Dans une lettre adressée au président rwandais Paul Kagame, Amnesty International l'a exhorté à considérer le scrutin comme une occasion de montrer l'attachement du gouvernement à la liberté d'expression, d'association et de réunion pacifique.

« Par le passé, les élections ont été marquées par l'intimidation, mais ce scrutin donne au Rwanda une nouvelle chance de promouvoir les droits plutôt que la répression », a déclaré Tawanda Hondora, directeur adjoint du programme Afrique d'Amnesty International.

La lettre d'Amnesty International fait suite à l'attaque récente de deux membres des Forces démocratiques unifiées (FDU-Inkingi) et au harcèlement du président du Parti démocratique vert du Rwanda (PDVR).

« Amnesty International craint que ces événements ne s'inscrivent dans une politique plus large d'intimidation et de harcèlement destinée à décourager et discréditer les groupes d'opposition », a expliqué Tawanda Hondora.

Le 3 février 2010, Victoire Ingabire, présidente du FDU-Inkingi, et son assistant Joseph Ntawangundi ont été agressés dans la capitale Kigali alors qu'ils récupéraient dans un bâtiment gouvernemental les documents requis pour l'enregistrement de leur parti.

Le passeport de Victoire Ingabire a été dérobé et Joseph Ntawangundi a été roué de coups.

Amnesty International se félicite de l'enquête ouverte par la police sur ces faits. Toutefois, le porte-parole de la police Eric Kayiranga a confirmé qu'au 15 février aucune poursuite n'avait été engagée et que plusieurs suspects interpellés avaient été relâchés.

« L'ouverture d'une enquête constitue une première étape positive, a indiqué Tawanda Hondora. Mais pour s'avérer efficace, elle doit être menée de manière impartiale, dans les meilleurs délais, et permettre de traduire les responsables présumés en justice. »

Trois jours après l'agression, le New Times assurait que Joseph Ntawangundi avait été condamné pour génocide par contumace en 2007 par un tribunal gacaca – tribunal populaire mis en place pour traiter des affaires de génocide. Il a été arrêté le même jour, le 6 février, sous l'inculpation de participation au génocide de 1994, au cours duquel quelque 800 000 Tutsis et Hutus modérés ont péri.

Une loi réprimant l'« idéologie du génocide », rédigée en termes vagues et ambigus, a été promulguée le 1er octobre 2008 et muselle de manière abusive la liberté d'expression. Elle prévoit des peines de 10 à 25 ans d'emprisonnement.

Victoire Ingabire est régulièrement qualifiée par les médias proches du gouvernement de « négationniste » du génocide ou de « divisionniste », en raison des déclarations publiques faites depuis son retour d'exil en janvier 2010 en faveur de poursuites pour les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis contre les Hutus par le Front patriotique rwandais (FPR).

Le dirigeant du Parti social idéal (PS-Imberakuri), Bernard Ntaganda, a également été convoqué par le Sénat rwandais pour répondre d'accusations d'« idéologie du génocide » fin 2009.

« Le Rwanda est tenu de prohiber tout discours qui constitue une incitation à la discrimination, à l'hostilité ou à la violence, a affirmé Tawanda Hondora, mais la loi rwandaise sur l'idéologie du génocide confond trop souvent la dissidence politique légitime avec cette incitation. »

Frank Habineza, président du Parti vert, aurait aussi été menacé par un homme qu'il soupçonne d'être un agent de sécurité le 4 février dans un hôtel de Kigali.

Il a signalé cette agression à la police le 5 février et attend d'être informé sur la progression des investigations.

Amnesty International engage le gouvernement rwandais à enquêter sur les actes d'intimidation infligés aux partis d'opposition, à traduire les responsables présumés en justice et à prendre sans délai des mesures en faveur du respect des droits à la liberté d'expression, d'association et de réunion pacifique des partis d'opposition.

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