Document - سوريـا: ناشط كردي من سجناء الرأي
AMNESTY INTERNATIONAL
Déclaration publique
Index AI : MDE 24/013/2009
ÉFAI
12 mai 2009
Syrie. Les autorités condamnent un militant kurde, prisonnier d'opinion
Amnesty International dénonce la condamnation
prononcée lundi 11 mai 2009 contre Meshal al Tammo,
militant kurde âgé de cinquante et un ans, à une peine
d’emprisonnement de trois ans et demi pour ses activités
politiques. L’organisation le considère comme un prisonnier
d'opinion, détenu uniquement pour avoir exprimé de manière
pacifique ses opinions politiques, et demande sa libération
immédiate et inconditionnelle.
Le 11 mai, le tribunal pénal de Damas a déclaré Meshal
al Tammo, membre de la minorité kurde syrienne et porte-parole
du parti politique non autorisé Courant du futur kurde (Sepela
Kurdi– Syrie), coupable d’« affaiblissement du
sentiment nationaliste »(article 285 du Code pénal)
et de« diffusion de nouvelles erronées ou exagérées
susceptibles de porter atteinte au moral de la
nation »(article 286). Les chefs d’inculpation
s’appuyaient sur des documents du parti trouvés dans sa voiture
lorsqu'il a été arrêté par les forces de sécurité de l'armée de
l'air syrienne le 15 août 2008.
Meshal al Tammo a été appréhendé à un poste de contrôle situé
entre les villes d’Ein al Arab (Qoubani, en kurde), dans le nord du
pays, et d’Alep, où il vit. On est restés sans nouvelles de lui
jusqu’au 26 août, lorsqu’il a été transféré à la prison
d'Adhra, située près de Damas. Les organisations de défense des
droits humains en Syrie ont appris plus tard que, durant ces douze
jours de détention au secret, les forces de sécurité de l'armée de
l'air avaient remis Meshal al Tammo à la Sécurité politique de
Damas, chargée d'enquêter sur les activités des dissidents
politiques présumés.
Amnesty International est vivement préoccupée à la fois par cette
période de détention provisoire et par le procès lui-même. Les
avocats de Meshal al Tammo auraient sollicité la comparution
de sept témoins à décharge pour qu’ils déposent lors du procès,
mais le tribunal s’est abstenu de répondre à cette requête. Aucun
d’entre eux n’a donc pu témoigner. Le droit de l'accusé de faire
citer des témoins à décharge et de les interroger est pourtant l’un
des piliers du droit de la défense dans le cadre d’un procès
équitable.
Meshal al Tammo appartient par ailleurs aux Comités pour le
renouveau de la société civile, un réseau clandestin de réformistes
syriens qui débattent de questions liées à la politique et aux
droits humains.
Complément d’information
Les défenseurs kurdes des droits humains et les
militants kurdes de la société civile, ainsi que les personnes
soupçonnées de liens avec des groupes ou partis politiques kurdes
qui dénoncent le traitement réservé aux Kurdes de Syrie, sont
particulièrement exposés au risque d’être appréhendés par les
forces de sécurité, qui jouissent de pouvoirs très étendus en
matière d’arrestation et de détention. Les tribunaux pénaux et
militaires, et les Cours de sûreté de l’État, interprètent à leur
façon des articles du Code pénal définis dans des termes vagues, et
prononcent fréquemment de lourdes peines d’emprisonnement contre
ces personnes et d’autres opposants présumés de l’État, à l’issue
de procès qui bafouent les normes internationales.
Par ailleurs, les Kurdes de Syrie subissent de graves
discriminations en raison de leur appartenance ethnique. Nombre
d’entre eux se voyant refuser la nationalité syrienne, ils ne
jouissent pas de la totalité des droits conférés aux citoyens
syriens, notamment en matière d'éducation, d’accès à l’emploi et de
soins médicaux.
FIN